Les articles de Jean-Marie Bergère

Directeur d’une Agence régionale de développement économique de 1994 à 2001, puis de l’Association Développement et Emploi, devenue ASTREES, de 2002 à 2011. A la Fondation de France, Président du Comité Emploi de 2012 à 2018 et du Comité Acteurs clés de changement-Inventer demain, depuis 2020. Membre du Conseil Scientifique de l’Observatoire des cadres et du management. Consultant et formateur indépendant. Philosophe de formation, cinéphile depuis toujours, curieux de tout et raisonnablement éclectique.

Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines

La prochaine fois qu’on vous demande de quoi bobo est l’abréviation, répondez boucher-bohème. En 2000 David Brooks publie Bobos in Paradise : The New Upper Class and How They Got There. Il fait du bobo un successeur du yuppie, cadre dans une multinationale comme lui, mais plus cool, préférant l’éthique et la culture au bling-bling. Le boucher-bohème, outre qu’il peut être fromager, caviste, chocolatier ou restaurateur, n’est pas le successeur du bourgeois-bohème. Il en est une variante en même temps qu’il est leur fournisseur préféré. C’est la démonstration que fait Jean-Laurent Cassely dans son livre La révolte des premiers de la classe. Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines.

Par |2020-11-16T12:25:11+01:0015 novembre 2020|

Un pays qui se tient sage

L’acharnement d’un policier qui frappe une femme ou un homme à terre, les tirs tendus qui éborgnent (23 personnes ont perdu un œil lors des manifestations des Gilets jaunes), la brutalité d’Alexandre Benalla arborant indûment un brassard de la police, le policier qui filme les collégiens de Mantes-la Jolie agenouillés pendant plusieurs heures et qui s’enregistre disant d’un ton sarcastique « voilà une classe qui se tient sage », ces images qui constituent la trame du film Un pays qui se tient sage, nous laissent sous le choc.

Par |2020-10-19T10:52:40+02:0019 octobre 2020|

Une vie mise à distance

« On a réalisé grâce à la crise que c’était possible, concevable, et que cela pouvait très vite faire partie de notre quotidien ». C’est la conclusion d’une interview de Serge Paugam dans le n°2 de « azerty », une publication de Google France. Cela ne l’empêche pas d’émettre des réserves « les ressources du numérique ne remplaceront jamais totalement les relations interpersonnelles ». Qu’en est-il ? Que voulons-nous ?

Echange avec Bernard Stiegler : Un revenu contributif à Plaine Commune

L'idée de revenu universel renvoie le plus souvent à des politiques globales menées au niveau d'un Etat, voire à des propositions concernant l'Europe toute entière. Mais on voit que c'est aussi avec des acteurs locaux et des territoires que des propositions voisines peuvent être expérimentées. C'est notamment le cas sur le territoire de l'intercommunalité Plaine Commune en Seine-Saint-Denis : Jean-Marie Bergère s'en est entretenu ave le philosophe Bernard Stiegler puis avec le chef d'entreprise Francis Dubrac, le Président de Plaine Commune Promotion

Philosophie et management

Philippe Lorino, dans son livre Pragmatisme et Étude des organisations (2020), mobilise les concepts du pragmatisme — courant né au siècle dernier aux États-Unis — et des exemples inspirés de sa propre expérience pour analyser les problèmes managériaux et organisationnels d’aujourd’hui et de demain.

Par |2020-07-24T12:43:45+02:0024 juillet 2020|Mots-clés : , , , , , |

PIKETTY, le film

Greed is good! Michaël Douglass le répète devant un public séduit. Il est Gordon Gekko, trader vorace, personnage principal du film d’Oliver Stone, Wall Street (1987). Il ajoute qu’elle (la cupidité, l’avidité, la gourmandise ?), exprime l’essence de ce qui fait progresser l’humanité dans tous les domaines de la vie, l’argent, l’amour, le savoir. Gordon Gekko est persuadé que sa fortune est méritée et que sa réussite est bénéfique à tous. La richesse des gagnants (les premiers de cordée ?) augmente la taille du gâteau. Peu importe qu’il y ait des (très) petites et des (très) grosses parts, Greed is good ! Il serait faux de n’y voir que cynisme. N’avons-nous pas associé « progrès » et « toujours plus », et cela dans tous les domaines et depuis plusieurs siècles ?

Par |2020-07-05T20:24:09+02:005 juillet 2020|

Métamorphose du travail, après le livre, les débats.

À l’issue du 7e Printemps de la prospective, nous nous étions promis de nous retrouver sans que personne n’ait imaginé que la 8e édition se ferait à distance grâce à l’application Zoom, dont nous ignorions même l’existence. La prospective ne prétend pas écrire l’histoire à l’avance et les tendances émergentes qu’elle s’attache à détecter peuvent faire bon ménage avec l’imprévu et les aléas !

Contagion de Steven Soderbergh

En plein confinement le film de Steven Soderbergh Contagion est un des plus téléchargés. N’a-t-on pas assez de la réalité dramatique d’une pandémie mondiale ? Que peut-on espérer trouver dans une œuvre de fiction inspirée d’épidémies passées, quand quotidiennement les politiques, les médecins et les commentateurs nous inondent de statistiques, de comparaisons, d’analyses et de supputations sur la propagation mondiale du Covid-19 et ses multiples conséquences ?

Par |2020-04-27T14:45:43+02:0027 avril 2020|Mots-clés : , , , , , , |

Mort au Covid-19

C'est avec la philosophie que Jean-Marie Bergère aborde la crise à laquelle notre société est soumise, de la rhétorique guerrière à l'acceptation de nos vulnérabilités. C'est notamment au travers des réflexions d'auteurs, de philosophes, d'historiens, de cinéastes, d'hier et d'aujourd'hui, qu'il nous propose une lecture salutaire.

Par |2020-04-14T15:40:13+02:0010 avril 2020|Mots-clés : , , , , , , |

Carnets d’un anthropologue. De mai 68 aux Gilets jaunes

Dans Carnets d’un anthropologue, Marc Abélès, enquête sur sa propre histoire. L’envie initiale, celle d’écrire sur ce que l’expérience de Mai 68 avait « instillé » en lui, constitue le fil conducteur d’un récit beaucoup plus large, « de Mai 68 aux Gilets jaunes » comme l’indique le sous-titre du livre. Sans le dire, Marc Abélès applique à son propre cas la méthode ethnographique qui, comme il la définit d’emblée, consiste en un subtil équilibre entre la proximité et la prise de distance. Avec cette fois, cette gageure qu’on pourrait formuler à la manière de Paul Ricœur, s’étudier « soi-même comme un autre ».

Par |2020-03-02T12:14:22+01:002 mars 2020|Mots-clés : , , , , , |
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