Bibliothèque
Algorithmes. La bombe à retardement de Cathy O’Neil
Publié en 2016 sous le titre Weapons Of Math Destruction, l'ouvrage de Cathy O'Neil a eu un énorme retentissement. Mathématicienne avertie, après avoir travaillé dans les hedge funds au moment de la crise financière de 2008 et en être revenue, l'auteur a participé activement au mouvement Occupy Wall Street. […]
Leurs Enfants après eux : Anthony, Steph et Hacine sont-ils devenus des gilets jaunes ?
Roman de la fièvre des corps et du destin social, Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018, est un livre qui nous éclaire sur la France péri-urbaine enflammée depuis le 17 novembre. Mis en scène dans la ville fictive de Heillange en Moselle, entre 1992 et 1998, les personnages sont animés d'une vie qui va bien au-delà du roman. Et l'on ne peut faire autrement, en le refermant, que se demander quelle sorte de gilets jaunes les héros pourraient être aujourd'hui.
Fief : un vrai conte philosophique sur des jeunes qui attendent
Un premier roman, prix des lecteurs Inter 2018. C'est un livre à lire et que l'on lit d'une traite : ce n'est pas qu'il s'y passe beaucoup de choses, ou alors des choses répétitives, ou alors assez ténues.
La France des Belhoumi – Travail et famille, ou le malheur d’être un garçon
Voilà un beau roman familial, et aussi un livre de sociologue, pour l'été : La France des Belhoumi, portraits de famille de Stéphane Beaud. Une double histoire : celle de la fratrie - huit enfants quand même ! certains nés en Algérie, les suivants en France - et de leurs parents, mais aussi celle du chemin fait par le sociologue avec cette famille pendant cinq ans. Avec une leçon : l'intégration se fait !
Etranges étrangers
Mai 2018. Deux livres-manifestes sortent, Noire N'est pas mon métier et Vaincre Nos peurs et tendre la main. Ils dénoncent la « peur au carré » qui se propage et pousse à exclure plutôt qu'à accueillir, à trier entre les humains pour mettre à distance ceux qui le seraient moins. Ces livres émanent d'univers très différents et s'alarment de situations dont certaines sont assurément plus dramatiques. Ils disent tous les deux notre incapacité, celle des sociétés occidentales, à être hospitaliers ou simplement fraternels envers ces « étranges étrangers », qu'ils viennent du bout du monde ou soient nés ici. Ils disent aussi « qu'une nouvelle société est en train de naître qui refuse d'être acculée à la peur », et que « nous n'avons que les chaînes de nos préjugés à perdre ».
Utopies réelles
L'affaire serait entendue. Foin des utopies comme de leur contraire d'ailleurs, les dystopies. Nous ne devons ni rêver ni craindre, travaillons à « réparer notre pays ». Soyons efficaces est notre mantra, le consumérisme notre quotidien et le présent notre horizon. Michel Houellebecq peut conclure à l'impossibilité d'une île : « Le bonheur n'était pas un horizon possible ».