France Telecom : les bases d’un nouveau contrat social
Laurent Zylberberg, directeur des relations sociales, revient sur la crise sociale et la mise en œuvre d'un nouveau « nouveau contrat social » chez France Telecom-Orange
Laurent Zylberberg, directeur des relations sociales, revient sur la crise sociale et la mise en œuvre d'un nouveau « nouveau contrat social » chez France Telecom-Orange
Suicides et travail : sacré dossier sur lequel nous voulions revenir 18 mois après le traumatisme, le Tchernobyl social français qu'a constitué la crise des suicides chez France Telecom. Et si l'onde de choc, a comme beaucoup d'autres, dépassé les frontières nationales, les débats sur le continent sont loin d'être identiques à ce qui se passe dans l'hexagone. Certes la France est l'un des pays d'Europe de l'Ouest où l'on se suicide le plus comme le montrent les comparaisons internationales. Mais cela ne suffit pas à élucider les liens entre suicides et travail qui restent controversés et fort complexes
par Christophe TeissierM.Boisson, C.Godot, S.Sauneron, La santé mentale, l'affaire de tous, rappor [...]
La souffrance est-elle une bonne raison d'agir sur des relations sociales perturbées ? La compassion n'empêche-t-elle pas précisément l'action ? Alain Ehrenberg, sociologue, directeur au CNRS, plaide pour une véritable politique de l'autonomie qui prenne en compte les problèmes structurels de santé mentale
Coupable idéal en cas de suicide, « l'organisation du travail » revêt trois figures : le capitalisme financier, le management par le stress et la souffrance au travail. Cette posture est bien trop commode et simpliste comme l'explique Francis Ginsbourger, économiste du travail et intervenant dans les organisations
Pour éviter les suicides il faut prévenir la dépression et travailler sur le management comme sur la résilience estime Karl Kuhn, chercheur allemand en sciences sociales et sciences du travail. À ses yeux, le débat français sur les suicides au travail omet de traiter les causes mentales du suicide
Les médecins du travail s'attachent traditionnellement à améliorer l'environnement professionnel. Exemple en Slovénie, qui connait un des taux de suicide les plus élevés d'Europe. Metoda Dodič-Fikfak, épidémiologiste et spécialiste des maladies professionnelles, dirige l'institut de médecine du travail de Ljubljana depuis 2001 (Klinicni institut za medicino dela, prometa in sporta, KIMDPS)
Le titre de ce dossier est à la fois imparable, risqué et fondamental. Imparable puisque les faits sont là, aucun déni n'est plus possible. Risqué par sa brutalité émotionnelle et les simplifications qu'elle charrie de trouver trop vite des raisons univoques, des coupables désignés, dans le camp "d'en face". Fondamental, car il pousse la question classique : "que faire pour que le travail soit lieu de plaisir plutôt que de souffrance ?" vers un paroxysme proprement vital : "que faire pour que le travail aide à vivre... plutôt qu'il pousse à mourir ?"
Le lien entre suicide et travail est-il pertinent ? Pour Viviane Kovess-Masféty, épidémiologiste et psychiatre, une personne se suicide à cause d'un trouble de santé mentale, et pas directement à cause de son travail. L'intolérance aux troubles mentaux et l'inadaptation des soins sont deux conséquences du déni général qui entoure la maladie mentale. Il empêche de mieux prévenir les suicides. Entretien
Les chiffres du suicide d'origine professionnelle sont fondus dans un nombre global de suicides. Aucune étude européenne ne s'y est penchée jusqu'à présent. Seule certitude, ce chiffre global est en recul constant depuis 15 ans et la géographie du suicide évolue