TRAVAIL ET SOCIÉTÉ
Photographie : quand des salariés s’exposent
Le photographe Thomas Bilanges a eu l'idée un jour de proposer à chacun des membres du personnel du musée Carnavalet de choisir une oeuvre dans les collections du musée. Il en a tiré 180 dyptiques impressionnants et dont l'impact a été très fort pour les personnes comme pour l'établissement. En compagnie du consultant Hervé Chavas, il s'explique dans Metis sur le sens et l'impact de ce travail.
L’art, rouage du monde
On oppose volontiers l'art et le travail. L'artiste semble souvent plus lié aux muses ou au génie qu'au labeur. L'inspiration s'oppose à l'effort, la flamme créatrice, à la formation. L'objet d'art lui-même échappe, pense-t-on, au cycle du travail laborieux ; il n'est pas nécessaire mais généreux et libre ; l'apprécier, c'est éprouver la « faveur » (Kant) qu'il nous fait, non le service qui nous rend. Loin d'être consommé, comme le sont les produits du travail, il est sacralisé, exposé et patrimonialisé. À l'inverse de cette vision romantique encore largement répandue s'exprime parfois un désenchantement : non, l'art n'est pas cette chose élevée et sacrée, c'est un rouage de l'économie mondiale.
Nouveaux rapports de travail et nomadisme coopératif
Universitaire reconnue et « branchée » sur les nouvelles questions du travail, Patricia Vendramin, directrice de recherche à la FTU et professeure à l'Université Catholique de Louvain en Belgique explique pour Metis ce qui caractérise selon elle les nouveaux comportements au travail en mode projets, à l'ère du numérique, des micro-travaux en ligne et des contrats courts.
Apprendre à se réaliser
On ne peut séparer le travail du souci de soi si l'on considère le travail comme une manière d'être au monde alliant fermement à la fois un savoir-faire et à un savoir se situer. Il y a donc comme une évidence à chercher à dénicher le sens de ce qui est appris lors de toute activité. Travailler et apprendre sont deux termes qui se tiennent et s'interpellent. Le travail ne plie pas sous le regard de l'économie classique qui vise à le réduire à une dépense d'énergie individuelle en échange d'un salaire. Il ne plie pas sous les ruses de l'organisation scientifique réinventée par le numérique. Il est l'une des conditions de la réalisation de soi. Réaliser et se réaliser vont de pair.
Comment mesurer la valeur du travail éducatif ?
Pour partie enseignant, un moment de mon travail consiste à aider les étudiants à percevoir les enjeux de la montée en intellectualisation de l'activité productive. Là réside selon moi un fil conducteur de compréhension des mutations des organisations et du travail. Elles sont liées à la part croissante en servicialisation de l'économie et en dématérialisation de la production, avec comme cause et conséquence à la fois, la montée en information du travail. Il leur faut donc qualifier ce qu'est économiquement, techniquement, socialement..., la production de valeurs et d'actifs immatériels du travail intellectuel et des services. Une manière consiste à utiliser la situation de travail éducatif. Après tout, l'enseignement est un service parmi d'autres.
Bref, je suis un prof
Dans le but de valoriser la profession enseignante, un groupe de profs québécois a réalisé une capsule humoristique sur le modèle de la web série française « Bref ».