Michel Rocard : « Si la Grande Bretagne quittait l’Europe, je titrerais Hourra ! »

A l'occasion des élections du 7 mai au Royaume Uni, Metis republie l'interview donnée par Michel Rocard, ancien premier ministre français (1988-1991) et eurodéputé socialiste (1994-2009). Prédominance de la pensée monétariste, réapparition de la pauvreté: pour lui, l'Europe peut faire face. À condition de redémarrer sur un projet fédéraliste.

Europe : pourquoi il faut savoir dire stop

L'Union Européenne est elle en train de se tirer une balle dans le pied ? Certes, la crise qui la percute de plein fouet pourrait s'avérer salutaire. Grâce à elle, des mécanismes de solidarité, qu'elle avait longtemps refusés, se sont mis en place au sein de la zone euro. Certes, cette mise en place se fait dans la douleur et dans une imperfection plus que critiquable, mais elle fait émerger une Union dont les plus eurosceptiques s'éloignent, tant mieux. Un « fédéralisme budgétaire » se profile, il exigera une responsabilité politique beaucoup plus importante et beaucoup plus partagée. Mais ses faiblesses multiples pourraient servir de bouc émissaire à des peuples légitimement en colère.

Sauvetage de l’euro, naufrage des valeurs ?

L'accord conclu le 27 octobre dernier à propos de la stabilisation de la zone euro et de la restructuration de la dette grecque est-il solide ? Les avis divergent et les prochaines semaines seront sans doute cruciales tant s'enchaînent les incertitudes qu'il s'agisse des suites de l'annonce du référendum grec ou de ce que décidera, ou pas, le prochain G20. Mais en l'état, plusieurs des ses caractéristiques nous interpellent tant elles impactent un modèle social qui a fortement besoin d'être refondu mais certainement pas d'être abattu