Le droit de cité au conflit est le meilleur critère d'appréciation de la santé d'une société, qu'il s'applique au travail proprement dit ou au travail citoyen. On notera au passage que ces deux natures de conflit sont indissociables l'une de l'autre si l'on veut comprendre ce qui les meut, les modalités qu'elles prennent et le degré de combativité dont elles informent. Le conflit, quel qu'il soit, est toujours le fruit d'une bataille de valeurs dans la Société. À cet égard, vient d'apparaître un bouleversement vraisemblablement historique, initié en septembre 2008 avec la crise du capitalisme ultralibéral et consommé avec ce qu'il vient d'advenir au Japon
Le 25 février, les Irlandais vont élire leurs représentants au parlement. Le nouveau gouvernement héritera d'une situation économique et sociale catastrophique et ne disposera que d'infimes marges de manœuvre. Etat social de l'Irlande après 3 années de récession
La crise économique et financière a réduit la croissance salariale de moitié, avec de fortes disparités selon les régions du monde mentionne un nouveau rapport du BIT
Chômage partiel et autres modalités de réduction provisoire du temps de travail ont été largement utilisés par de nombreux pays européens pour atténuer avec succès les effets de la crise. On aurait fait de la flexicurité sans le savoir. La fondation de Dublin qui vient d'éditer un rapport fort intéressant sur le sujet y voit une extension du concept et propose, sous conditions, d'appliquer cette nouvelle forme de flexicurité en dehors des périodes de crise
La conférence européenne des syndicats (CES) dénonce les pratiques de rémunération dans le secteur bancaire sous la forme d'un calendrier de l'avent. De saison
Un yacht échangé contre un téléphone portable, une Harley-Davidson contre un vélo... des délais de médecins spécialistes dans les abattoirs car les Irlandais n'ont plus les moyens d'entretenir leurs animaux de compagnie, y compris (n'oublions pas que nous sommes en Irlande...) des chevaux de course
L'Etat providence, l'Etat social est à la peine en Europe et dans tout le monde industriel. La réforme de retraites, même si elle n'a pas déclenché partout des manifestations « à la française » est difficile à faire avaler. Et il y a fort à parier que celle qui guette nos voisins espagnols ou britanniques ne sera pas exemplaire ! Mais n'est-ce pas tout l'Etat social qui vacille aujourd'hui ? La crise des finances publiques est invoquée, prétextée, par de nombreux pays pour revoir les allocations sociales de toutes sortes
L'histoire se répéterait-elle ? A chaque fois que la France connaît un mouvement social majeur - comme c'est le cas depuis plusieurs semaines avec le projet de réforme de retraites - deux explications sont avancées : d'une part, le pays serait à la fois très conservateur et cela d'autant plus qu'il vieillit ; de l'autre la réforme souffrirait d'un déficit de pédagogie. C'est un peu court... Car voilà une réforme qui partait plutôt bien ! Des esprits préparés depuis longtemps, des étapes franchies sous les précédents gouvernements de droite comme de gauche. Sauf qu'entre temps la crise a déroulé son cortège d'effets en tous genres
Nos modèles sociaux traversent de sacrées turbulences ces derniers temps. En France comme en Europe, les réformes se succèdent afin de permettre aux systèmes généralement issus de la deuxième moitié du vingtième siècle, de tenir le coup face aux défis multiples que leur posent la démographie, les transformations économiques et sociales, les choix de finances publiques. Nombre de ces réformes - sur la santé, sur les retraites, sur l'éducation - passent mal, c'est le moins qu'on puisse dire
De récentes analyses montrent comment l'Allemagne et les Etats-Unis, ces derniers ayant connu une récession moindre, ont géré différement l'emploi en temps de crise - la première à l'aide de l'utilisation d'un chômage partiel massif, la seconde à coups de licenciements - et s'en sortent très différemment aujourd'hui.
Charger les articles suivants