Le réveil des « invisibles »

« Quelques différentes puissent être nos opinions, il est un fait sur lequel, d'un bout à l'autre de la terre, nous sommes tous d'accord aujourd'hui, c'est que notre monde se trouve dans un état anormal, qu'il traverse une grave crise morale. En particulier, quand on regarde l'Europe, on a le sentiment que tous les peuples et les nations qui la composent se trouvent dans un état de nervosité maladif. Le plus petit motif suffit pour provoquer une émotion intense (...). Personne ne croit à un développement calme et productif ». Ces mots du grand écrivain autrichien Stefan Zweig résonnent aujourd'hui de manière singulière. Et ce, bien au-delà des pensées et commentaires qui affluent depuis que la démocratie française a fait place au Front National.

Le politique, la « reprise » et l’engagement

Hier - disons depuis 3-4 ans - l'heure était à l'indignation. Stéphane Hessel faisait un tabac avec son petit opuscule et des vagues d'indignés secouaient des pans entiers de la planète : de la Tunisie au Chili, de l'Iran à l'Ukraine en passant par l'Espagne ou l'Italie, des mouvements massifs s'élevaient contre la corruption, la privatisation de la chose publique, la restriction des droits et libertés.... Cette vague n'est pas éteinte et a encore mille occasions de se manifester ici et là. Mais les « afters » ont un goût assez amer. Les raisons en sont bien entendu très diverses. Pourtant un facteur commun me semble émerger pour expliquer ces revirements et autres désillusions. Il tient à la question et à la place du politique dans nos sociétés. Plusieurs facteurs ou vecteurs ont joué ici un rôle éminent.

Conscience verte contre corruption, ras le bol des oligarques !

En cette fin d'année, la "conscience verte" a pris de l'ampleur en Roumanie. Ils sont maintenant plus de dix mille à manifester chaque dimanche contre des projets d'exploitation d'or et de gaz de schiste autorisés par le gouvernement. Cependant leur contestation va bien plus loin que de simples préoccupations écologiques : comme leurs voisins bulgares, c'est le système politique dans son ensemble que la Roumanie remet en question. Pour mieux comprendre ce phénomène, Metis a interviewé Laurentiu Andronic, directeur chez LAND Training & Consulting, ainsi que le journaliste bulgare Stylian Deyanov.

José Luis Sampedro, le « Hessel » espagnol 

 "Nous devrions nous indigner mille fois plus." C'est ainsi que parlait José Luis Sampedro aux milliers d'"indignés" espagnols, jeunes et moins jeunes, pour leur transmettre du courage et les inviter à ne jamais se conformer à l'ordre établi. Rebelle, économiste, écrivain renommé et à plusieurs reprises récompensé, il est l'auteur d'oeuvres incroyables comme "Le sourire étrusque", "Le fleuve qui nous emporte" ou encore "L'inflation (à la portée des ministres), ouvrage dans lequel il explique comment l'inflation est une excuse pour adopter des politiques restrictives qui oppressent la croissance et où il analyse pourquoi elle est de retour après avoir été contrôlée dans les années 90.

Par |2018-12-17T10:15:38+02:0010 mai 2013|Mots-clés : , , , |

Quand l’indignation flambe

« Les citoyens n'ont plus confiance dans les gouvernements pour les protéger de ce qui est le fruit de l'endettement, de la privatisation. S'ils s'indignent aujourd'hui c'est surtout parce qu'ils voient des gouvernements qui ne peuvent plus faire fonctionner la démocratie, comme cela est attendu de leur part. Les besoins essentiels - le bien être, le bien vivre - ne sont plus assurés car ils ne sont plus à l'abri de la recherche du profit. En outre, les oligarchies sont dominantes dans nombre de pays qui se disent démocratiques ». Ces extraits de l'interview exclusive qu'avait accordée Stéphane Hessel à Metis en janvier 2012 résonnent aujourd'hui de manière éclatante dans notre continent. Petit tour chez nos proches et moins proches sans oublier Chypre !

Recapitalisations, crédit et démocratie

Bonne nouvelle : il semble que l'on sorte du déni dans lequel nous nous étions installés depuis 2008. Après avoir été considérée de bien haut - y compris par Mme Lagarde, du moins avant qu'elle ne rejoigne le FMI - l'exposition aux risques financiers majeurs de nombreuses banques européennes, notamment allemandes, françaises ou belges, est reconnue. On nous dit désormais que le temps presse. Mais saurons-nous tirer les leçons de ces trois dernières années ? Alors que 2008 présentait déjà tous les symptômes d'une crise systémique, décideurs économiques et politiques, passé un court instant de lucidité, ont réduit la question à celle de la finance (sans pour autant la maîtriser, CQFD)

AAA, crises et progrès social : faut-il remercier les marchés ?

Nous espérons que vous avez été nombreux à prendre des vacances car les crises, elles, n'ont guère connu de répit. Avec leur part de lumière, en Lybie voire en Syrie, malgré une répression féroce ; avec leur part de menaces en Europe ou aux USA où le piège de la crise des subprimes est en train de se refermer sur les Etats. Metis a comme vous toutes et tous, essayé de suivre les débats, de comprendre les enjeux de situations souvent très complexes, de saisir les mécanismes des crédits defaults et autres ratings, d'imaginer ce que la perte de l'AAA pouvait signifier, de réfléchir aux enchaînements qui en découleraient. Et, pour être un tantinet provocateur, les nouvelles pourraient être bien moins noires que ce que beaucoup prétendent, si l'on veut bien prendre un peu de recul

Marcel Grignard : « pour un syndicalisme à la hauteur d’une crise de société »

Les syndicalistes européens ne désespèrent pas de trouver des solutions communes. Dans un entretien accordé à Metis, Marcel Grignard, secrétaire général adjoint de la CFDT revient sur les propositions de la CES issues du Congrès d'Athènes. Dans une deuxième partie, il aborde le rôle du mouvement syndical auprès des mouvements de contestation aussi bien en Grèce et en Espagne que dans les pays arabes, qui sont révélateurs de la soif de justice sociale