Face à une Commission largement décrédibilisée, le couple franco-allemand avec ses hauts, ses bas, son caractère à la fois complexe, tourmenté, irremplaçable tente de faire bonne figure. Et, une fois n'est pas coutume, ses récentes initiatives comme celles sur l'emploi des jeunes doivent nous faire réfléchir. Car elles pourraient marquer une nouvelle ère dans la dynamique de l'UE. S'inscrivant dans une des rares ouvertures sociales faites par la chancelière - qui pour le reste campe solidement sur ses positions de force et ses dogmes libéraux assumés - cette initiative témoigne en effet d'un tournant peut-être majeur pour la construction communautaire.
Notre dossier du mois porte sur l'intégration, sujet ô combien actuel en Europe, y compris dans sa partie nordique si souvent proposée comme modèle... C'est pourtant un autre sujet que j'aimerais évoquer aujourd'hui car il touche aux mutations souvent silencieuses des entreprises européennes. Depuis plus de 30 ans, les logiques de diminution des coûts et d'externalisation des risques ont transformé en profondeur le paysage productif. En conséquence, « acheter » - qui est souvent un « faire faire » - a pris le pas sur « faire » ou « produire » : il n'est donc pas étonnant que les achats représentent en moyenne plus de 50 % du chiffre d'affaire des entreprises, pour atteindre dans certains cas (de moins en moins isolés) la barre des 80 %. Cette part des achats illustre à elle seule l'importance stratégique qu'a aujourd'hui pour les entreprises la relation client-fournisseurs
par Nadya Charvet, Claude Emmanuel Triomphe [...]
Qui parmi nous a célébré le 9 mai dernier la fête de l'Europe ? Pas grand monde, j'imagine, et pour cause : qu'y a-t-il donc à célébrer ? A moins de penser que l'agonie d'une certaine idée de l'Europe est un prélude à une refondation désirable. Mais puisque nous en sommes bien loin, parlons d'autre chose ! Je voudrais évoquer ici la question de l'expression des salariés au travail. Promue en France dès 1982 par les lois Auroux, elle fut longtemps décriée avant d'être ignorée. Pourquoi renaîtrait-elle aujourd'hui alors qu'elle avait été accueillie avec une grande méfiance tant par les dirigeants d'entreprises que par une large partie des représentants du personnel ?
Le 6 avril dernier, le gouvernement britannique a promulgué une loi modifiant la durée et la couverture de la période de consultation obligatoire en cas de licenciements collectifs. La réforme prétend fournir aux employeurs une plus grande certitude et une meilleure flexibilité pour mettre en oeuvre les étapes nécessaires à la restructuration et en même temps s'assurer que les employés sont engagés dans les décisions concernant leur futur
par Nadya Charvet, Claude Emmanuel Triomphe [...]
Née en France, Evelyne Gebhardt est eurodéputée et membre du groupe Socialistes et Démocrates (S&D, SPD). Elle a été élue au Parlement Européen en 1994, par la population du Baden-Württemberg. Elle y a joué le rôle de rapporteure sur le projet de directive services connu en France sous le nom de « directive Bolkestein ». Aujourd'hui elle est coordinatrice à la commission du marché intérieur et du droit des consommateurs. Elle s'exprime pour Metis sur le dumping social, les débats communautaires autour du détachement des travailleurs, sans oublier la nécessaire instauration d'un salaire minimum en Allemagne.
Illustration des insuffisances des règles communautaires prévues pour lutter contre le dumping social, l'affaire du chantier de l'EPR à Flamanville (Normandie, France) a éclaté en 2011 après la découverte d'une fraude massive à la sécurité sociale, de conditions de travail dégradées et de retenues sur salaires scandaleuses. Retour sur les faits et ses suites.
Margaret Thatcher représentait à peu près tout le contraire de ce que les Européens attachés au social pouvaient penser: sa rhétorique - et son action - anti syndicale, sa promotion d'une Europe réduite au marché commun, sa défiance devant toute construction communautaire, son refus d'une Europe solidaire et sociale et j'en passe ! La période Thatcher a été aussi le début d'une nouvelle ère, celle d'un nouveau libéralisme qu'elle a porté haut et fort.
Le 30 mars dernier, un accord social historique a été signé entre les syndicats américains réunis au sein de l'AFL-CIO et leurs homologues patronaux de la Chambre de commerce des Etats-Unis. Accord historique car ce type de négociation interprofessionnelle est rarissime aux Etats-Unis. Historique aussi car l'accord porte sur un sujet extrêmement sensible : l'immigration
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