La ruche qui dit oui ! Ou quand les plates-formes réconcilient la ville et la campagne  

Créée en 2010 pour mettre en relation directe producteurs ruraux et consommateurs urbains, « La Ruche Qui Dit Oui ! » se veut plus qu'une plate-forme d'intermédiation. Elle affiche l'ambition d'améliorer la chaîne alimentaire tout du long : des conditions de travail des agriculteurs aux comportements d'achat des clients, en passant par la qualité et la traçabilité des produits. La start-up a connu un développement rapide, avec aujourd'hui 850 ruches ouvertes dans toute la France et ailleurs en Europe, 5 000 producteurs, 135 000 consommateurs et 100 salariés employés par la « Ruche-mama », tête de réseau. Diététicienne de son état, Florence Servas-Taithe consacre aussi beaucoup de son temps à la Ruche locale qu'elle a montée en 2011 dans le nord du 18e arrondissement. Elle a bien voulu livrer en janvier 2017 pour Metis un portrait situé du « système Ruche »

Travail : en marche pour quelle réforme ?

Entre le flou prudent du programme présenté début juin aux partenaires sociaux et les pistes explosives « fuitées » peu après dans Libération, il était difficile de savoir jusqu'où le gouvernement Philippe voulait aller dans sa réforme du marché du travail. Tel qu'intercepté cette fois par Le Monde, le projet de loi d'habilitation présenté le 28 juin en conseil des ministres devrait exclure les chiffons rouges, mais pas les sujets qui fâchent. A la veille du débat parlementaire, c'est moins cependant le contenu circonstancié de la réforme qui importe ici que sa logique et ses intentions

« L’histoire de la fonction publique française est intimement liée à la construction de la République »

S'il a été question des fonctionnaires dans la campagne présidentielle, c'est surtout à travers la mesure-choc de François Fillon, qui entendait supprimer 500 000 postes en 5 ans. Une approche purement budgétaire qui a largement occulté les questions pourtant décisives des missions et du statut des agents publics. Spécialiste de la fonction publique et de la réforme de l'Etat au Cevipof, Luc Rouban remet en perspective pour Metis les transformations qui ont fait la spécificité de la fonction publique à la française. Un éclairage salutaire pour le débat

Football professionnel : un marché du travail pas comme les autres

Les énormes salaires des superstars du foot professionnel défraient régulièrement la chronique, tout comme laissent rêveurs - ou pantois, c'est selon - les prix faramineux payés par les grands clubs pour « s'acheter » leurs joueurs. Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg, le sommet spectaculaire d'un système pyramidal complexe où la sélection d'une étroite élite s'opère en puisant dès l'enfance dans le vaste vivier des joueurs amateurs.Les mots de salaire, d'emploi ou de travail ont-ils encore un sens dans cet univers hors normes ? Fort de sa double spécialité - les mobilités professionnelles d'un côté, l'économie du foot de l'autre - l'économiste Richard Duhautois y voit bel et bien un marché du travail, même s'il n'a rien d'ordinaire

Les fractures de l’emploi : un partage bien inégal des risques

Le chômage de masse déchire le tissu social, brise les destins personnels et nourrit la peur de l'avenir : autant d'évidences auxquelles la société française a dû malheureusement se rendre voici déjà longtemps. Mieux vaut d'ailleurs parler de privation d'emploi, tant celle-ci dépasse aujourd'hui les frontières du chômage stricto sensu. Si l'on tient compte du « halo » du chômage - les personnes aux marges de l'activité ou en situation de sous-emploi - c'est au total un actif sur cinq (6 millions de personnes) qui est touché, deux fois plus qu'à la seule aune du taux de chômage (voir l'article de Metis). Un fait social massif qui fait de la sécurité professionnelle un enjeu majeur de notre temps - même s'il est jusqu'ici peu présent dans la campagne présidentielle

Définir le chômage : hard work !

Entrer dans la catégorie de chômeur est souvent douloureux, mais plus compliqué qu'on ne croit. Vouloir un emploi ne suffit pas ; encore faut-il répondre à la définition officielle du chômage, celle à laquelle sont tenus de se conformer, comme en principe tous leurs collègues à travers le monde, nos statisticiens nationaux

Le brouillage des frontières sur le marché du travail

L'explosion des « activités réduites » à Pôle emploi est un révélateur du brouillage des frontières sur le marché du travail.En très forte croissance depuis 2008 (+ 80 %), le nombre de demandeurs d'emploi en « activité réduite » approche les 2 millions. Ce sont désormais plus du tiers des 5,5 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi et tenus de rechercher activement un emploi qui déclarent avoir travaillé dans le mois. Parmi eux, une forte majorité (1,3 million) l'a fait pour au moins 78 heures. Qui sont les chômeurs en activité réduite ? Comment le cumul emploi-chômage s'inscrit-il dans leur parcours ? Chercheures au Centre d'études de l'emploi et du travail - CEET, Sabina Issehnane et Leila Oumeddour ont activement participé aux recherches pluridisciplinaires menées en réponse à l'appel à projets lancé en 2013 par Pôle emploi pour y voir plus clair. Elles nous livrent ici leurs principaux résultats 

L’ambivalence des performances du marché du travail américain

Déclin industriel, déclassement, précarisation, paupérisation de la classe moyenne : autant de menaces qui ont lourdement pesé sur la campagne présidentielle américaine, et nourri aussi bien la mobilisation en faveur de Bernie Sanders que le succès final de Donald Trump. Pourtant, le chômage n'a cessé de baisser aux États-Unis depuis qu'ils sont sortis de la « grande récession » de 2008-09, au point de repasser en 2016 sous la barre des 5 %, un taux a priori synonyme de plein-emploi. Spécialiste à l'IRES des Etats-Unis, Catherine Sauviat nous éclaire sur cet apparent paradoxe

Les 35 heures vues de droite : pire qu’une erreur, un sacrilège

Les 35 heures auront bientôt 20 ans, et la droite ne s'y est toujours pas résolue. Leur abrogation figure au premier rang des programmes des candidats à la primaire de novembre prochain, quand ce n'est pas la suppression de toute durée légale du travail.Plutôt qu'entamer une énième controverse sur leurs bienfaits et méfaits comparés, au risque de lasser des lecteurs saturés, posons autrement la question : d'où donc la « RTT » tire-t-elle assez de puissance politique et symbolique pour rester la pierre de touche du clivage droite-gauche en matière de travail et d'emploi ?

Par |2019-06-17T17:31:19+02:0024 octobre 2016|Mots-clés : , , , , , , , , |
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