Les articles de Jean-Marie Bergère

Directeur d’une Agence régionale de développement économique de 1994 à 2001, puis de l’Association Développement et Emploi, devenue ASTREES, de 2002 à 2011. A la Fondation de France, Président du Comité Emploi de 2012 à 2018 et du Comité Acteurs clés de changement-Inventer demain, depuis 2020. Membre du Conseil Scientifique de l’Observatoire des cadres et du management. Consultant et formateur indépendant. Philosophe de formation, cinéphile depuis toujours, curieux de tout et raisonnablement éclectique.

Suite pour usine et orchestre

Le documentaire C'est quoi ce travail ? de Luc Joulé et Sébastien Jousse,  analyse le rythme des travailleurs à l'usine. Comment s'approprier les cadences de sa machine, son bruit, les pauses que l'on s'octroie... Rythme, pause, cadences, mots communs à l'ouvrier et au musicien. Le compositeur Nicolas Frize s'inspire de ces tempos particuliers pour tirer une œuvre originale. Tout comme le film des auteurs.

L’humanisme s’apprend (aussi) en Bulgarie 

The Lesson, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov avec Margita Gosheva.Coproduction Bulgarie et Grèce.La Bulgarie n'est pas (hélas) un pays au cinéma aussi riche que son voisin roumain. Et le cinéma, en général, parle assez peu de tolérance avec justesse et intelligence. The Lesson, coproduction gréco-bulgare sortie le 9 septembre dernier, contredit ces deux constats. Un film qui évite les travers du pathos et de la sensiblerie avec une élégance certaine.

Gardien d’immeuble : la médiation au quotidien

On ne prête pas assez attention aux gardiens d'immeubles. C'est un métier nouveau. Le gardien endosse l'ensemble des tâches qui rendent la vie commune agréable. On pressent que l'agrément de la vie doit beaucoup au travail de ces gardiens et gardiennes lorsque l'habitat se densifie et qu'il faut faire « de la ville avec du logement ». Jean Marie Bergère a rencontré Stéphane Charles, du groupe Unis vers l'emploi, en charge du projet de la mise en place des « Parcours gardien » à Villeurbanne.

« La loi du marché » 

Grâce à son nouveau film « La loi du marché », le réalisateur Stéphane Brizé concourait pour la première fois en compétition officielle à Cannes. Aussi discret que talentueux, le réalisateur, en étroite collaboration de son acteur fétiche Vincent Lindon, a été mis sous les feux des projecteurs. Chômage, précarité, petites annonces, Pole Emploi... « La loi du marché » dit l'injustice d'une société qui abandonne l'humain aux griffes de l'économie. Jean Marie Bergère livre pour Metis son analyse de ce film d'actualité. 

Occupation des places : une démocratie de plein air ?

Plus que jamais, les mouvements contestataires empruntent des voies nouvelles pour réinventer des règles de vie collective où les leaders politiques et les inégalités sociales n'ont pas de place. En manque d'air, la protestation classique animée de meetings et de pétitions se renouvelle et consacre l'occupation prolongée des places. En fers de lance, Internet et les réseaux sociaux sont massivement mobilisés pour contester la légitimité des informations secrètes. Jean Marie Bergère avait livré l'année dernière pour Metis son analyse de cette nouvelle forme de protestation fondée sur l'occupation des places.

L’erreur de calcul : à l’assaut des « superstitions économiques »

« L'erreur de calcul » est un livre de combat. Dans un texte court, souvent drôle, vibrant toujours, Régis Debray s'insurge contre la religion ambiante, celle du « salut par la tune ». Il admet qu'il faut « savoir compter la peine des hommes et évaluer le prix des choses », salue l'esprit d'entreprise « irremplaçable facteur de dynamisme », mais refuse que la politique finisse en statistique, la charité en business et l'humanitaire en filière. Il comprendrait qu'un premier ministre apprécie et considère les entreprises et les entrepreneurs mais condamne les déclarations d'amour qu'il leur fait.

Par |2019-06-12T11:13:58+02:0013 avril 2015|Mots-clés : , , , , , |

Le bonheur au travail vu à la télé

Un documentaire, « Le bonheur au travail » et une série télévisée, 100% française, « Chefs », nous parlent, chacun à sa manière, du vif du travail et de ce qui s'y joue d'économique et d'humain. Ils le font en prime time, sur des chaînes généralistes, sans manichéisme et avec talent. C'est suffisamment exceptionnel pour que nous allions y voir d'un peu plus près...

Le prix à payer : « échange impôt contre souveraineté »

Comment lutter contre les pratiques « d'optimisation fiscale » qui permettent à Apple, Amazon, Google, Facebook et à bien d'autres entreprises florissantes, dont nous sommes les clients plutôt satisfaits, de bénéficier de taux d'imposition très faibles et sans liens avec leurs activités et leurs bénéfices réels ? C'est la question que le film documentaire du Canadien Harold Crooks « Le prix à payer » pose, sans parvenir vraiment à y répondre.

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

« Que ta joie demeure » est un film métaphysique. La caméra contemplative du québécois Denis Côté filme longuement les mouvements répétitifs, rituels, obsessionnels, des différentes machines qui peuplent plusieurs usines d'univers industriels aussi différents que la métallurgie, la buanderie, la menuiserie ou la confection. Les images documentaires se mêlent à la fiction.

Journalisme : le travail des gens du Monde

Il y a de la jubilation dans l'air. La douce euphorie que semblent partager les journalistes du service politique du quotidien Le Monde qui suivent en 2012 la campagne présidentielle de François Hollande, est-elle une particularité de ce journal, est-elle une constante du métier de journaliste, est-elle due au fait que le camp sur lequel ils sont chargés d'écrire s'apprête à gagner l'élection, à la fatigue d'une fin de campagne ou un effet secondaire de la présence de la caméra d'Yves Jeuland ? Son film documentaire « Les gens du Monde » ne répond pas à la question, mais il nous montre que si Le Monde est un journal réputé austère, on s'y amuse aussi ! C'est la première bonne surprise de cet excellent film.

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