Les articles de Xavier Baron

Economiste, Science Pô et praticien de la sociologie, j’ai toujours travaillé la question des conditions de la performance d’un travail dont on ne sait pas mesurer la production, dont parfois même on ne sait pas observer la mise en œuvre. J’ai commencé avec la digitalisation du travail dans les années 80 à Entreprise et Personnel, pour ensuite approcher l’enjeu des compétences par la GPEC (avec Développement et Emploi). Chez Renault, dans le projet de nouveau véhicule Laguna 1, comme chef de projet RH, j’ai travaillé sur la gestion par projets, puis comme responsable formation, sur les compétences de management. Après un passage comme consultant, je suis revenu chez Entreprise et Personnel pour traiter de l’intellectualisation du travail, de la dématérialisation de la production…, et je suis tombé sur le « temps de travail des cadres » dans la vague des 35 heures. De retour dans la grande industrie, j’ai été responsable emploi, formation développement social chez Snecma Moteur (groupe Safran aujourd’hui). Depuis 2018, j’ai créé mon propre positionnement comme « intervenant chercheur », dans l’action, la réflexion et l’écriture. J’ai enseigné la sociologie à l’université l’UVSQ pendant 7 ans comme professeur associé, la GRH à l’ESCP Europe en formation continue comme professeur affilié. Depuis 2016, je suis principalement coordinateur d’un Consortium de Recherche sur les services aux immeubles et aux occupants (le Facility Management) persuadé que c’est dans les services que se joue l’avenir du travail et d’un développement respectueux de l’homme et de la planète.

Où va la fonction ressources humaines ?

La fonction RH moderne a connu un bref âge d'or dans les années 1975-1995, elle régresse depuis. Elle a partiellement répondu à des enjeux de cette période. Elle dépérit depuis d'une difficulté à accompagner les mutations du travail, de l'économie et des services. Si le mot de capitulation que nous avons employé est brutal - il est discutable - il reste urgent de cerner les leviers d'une reconstruction d'un métier qui n'a rien perdu de sa pertinence, mais à condition d'en comprendre la contribution à la production de la valeur économique d'aujourd'hui et de demain, et pas seulement à celle d'hier. Il s'agit de ne pas jeter le bébé stratégique et politique de la gestion des ressources humaines, avec l'eau du bain technique.

« Aujourd’hui, on achète et on vend des individus »

Étienne P., 50 ans, deux enfants, est un professionnel de la fonction ressources humaines de grandes et très grandes entreprises. C'est un choix. Par sa formation (DESS) et encore aujourd'hui, la GRH est son métier, « celui que je veux faire ». Il a mené une carrière à tous les niveaux de ce métier, alternant des entreprises industrielles, une entreprise de service en B to B et une entreprise du secteur bancaire et financier. Il est aujourd'hui DRH d'un site et Responsable des Relations Sociales (en charge de l'animation des instances représentatives du personnel) au niveau national (plus de 2 000 salariés) d'un grand groupe industriel d'origine française.

Revendications nationales : vers de nouveaux égoïsmes territoriaux ?

Catalogne, Flandres, Écosse, Padanie ... Les riches territoires d'Europe bénéficient-ils encore aux plus pauvres ? C'est la question au centre du Nouvel égoïsme territorial (Seuil), de l'économiste Laurent Davezies. Ce professeur au Centre national des arts et métiers (CNAM) montre l'activité se resserre autour des grandes villes et que les régions à forte croissance ne sont plus prêteuses.

Thales : mesurer les services

Le groupe Thales a initié, conçu et déployé depuis 2012 un dispositif de gestion de l'ensemble du « Facility Management ». Cela recouvre des services multi techniques d'entretien des bâtiments, des équipements (climatisation, chauffage), des espaces verts, les aménagements de bureau et petits travaux, mais également la propreté, l'accueil, la sécurité, la restauration. Comment a-t-il contourné la difficulté à gérer et évaluer ce qui n'est pas mesurable ? Nicolas Cugier, Directeur des services généraux du Groupe Thales nous répond confiance, coopération, qualité relationnelle.

La gestion des ressources humaines en crise

Si toutes les organisations productives, publiques et privées, connaissent les mêmes problèmes, recruter, former, promouvoir..., il y a toujours plusieurs manières de les résoudre. Les techniques gestionnaires (les référentiels, les segmentations, les métriques) sont utiles. Elles ne résument cependant pas le champ de la gestion (ou du management). L'ambition gestionnaire ouvre au contraire un espace proprement politique. C'est celui d'une institution par la gestion, des pratiques sociales du et de travail, y compris celui de sa régulation par les conventions et les processus.

Immobilier d’entreprise : la fin des commission occultes ? 

Dans le secteur de l'aménagement de l'immobilier d'entreprise, les jeux d'influence sont monnaie courante. Pour mieux comprendre ce milieu, nous nous sommes entretenus avec Pierre Bouchet, co-fondateur de l'entreprise de conseil en organisation et aménagement des lieux de travail Génie des Lieux. 

Consommation collaborative : le communisme (enfin) réalisé ?

D'un coté, l'émergence de pratiques de consommation collaborative participe de la création d'innovations et de lien social. Elle facilite l'accès à coûts réduits à des services inaccessibles autrement, de transports, de logements ou de matériels notamment... Il y a bien un usage de valeur, une valeur créée par l'usage (un travail ?), une valeur d'usage accrue grâce à une déconnexion de la propriété et de la jouissance d'un bien. De l'autre, sur le volet de la production de ces services, des entreprises prélèvent, sur un mode automatisé et souvent en toute opacité, une certaine valeur monétaire.

A la rencontre des travailleurs du nucléaire

Avec Exister au Travail, les hommes du nucléaire paru en Février 2014, Guy Jobert est allé à la rencontre des agents de conduite de centrales nucléaires d'EDF. La commande était classiquement gestionnaire. Face à la mise en œuvre d'une réorganisation non discutable ni d'ailleurs discutée, il convenait d'auditer le changement en cours, repérer les écarts entre le prescrit et le réel pour le réduire..., aux caractéristiques près de la population concernée.

Par |2018-12-17T10:16:27+02:008 septembre 2014|Mots-clés : , , , , , |

Comment mesurer la valeur du travail éducatif ? 

Pour partie enseignant, un moment de mon travail consiste à aider les étudiants à percevoir les enjeux de la montée en intellectualisation de l'activité productive. Là réside selon moi un fil conducteur de compréhension des mutations des organisations et du travail. Elles sont liées à la part croissante en servicialisation de l'économie et en dématérialisation de la production, avec comme cause et conséquence à la fois, la montée en information du travail. Il leur faut donc qualifier ce qu'est économiquement, techniquement, socialement..., la production de valeurs et d'actifs immatériels du travail intellectuel et des services. Une manière consiste à utiliser la situation de travail éducatif. Après tout, l'enseignement est un service parmi d'autres.

Par |2019-06-12T11:15:32+02:001 septembre 2014|Mots-clés : , , , , |

La globalisation n’est pas l’avenir de la mondialisation

« L'avenir de l'origine, génèse de la mondialisation » est un travail d'analyse « méta » sur le monde comme il va. Notre monde, selon Serge Airaudi, est déjà en rupture avec la conscience historique. Il ne va pas pour autant vers une indifférenciation. Malgré la globalisation par la finance et la diffusion des technologies, malgré l'émergence de la net-économie, il annonce une nouvelle forme d'universalisation, celle des consciences, mais certainement pas un monde « champ de betteraves ».

Charger les articles suivants