A l'heure où le chômage des jeunes bat des records en Europe, l'émigration revient en force. Qu'il s'agisse des jeunes Espagnols, Grecs ou Portugais, le mouvement est en marche ! Pour beaucoup de ces pays, la réalité n'est pas nouvelle. Mais, alors qu'on la croyait révolue et propre aux générations précédentes, la voici qui se réinstalle. Les pays du Sud européen ne sont pas les seuls concernés. Depuis les années 90, c'est le cas de très nombreux pays de l'Est qui ont connu des émigrations massives, pour la plupart intra européennes, le Royaume Uni et l'Irlande voyant débarquer par centaines de milliers Polonais et Baltes, jeunes et moins jeunes
Face à une Commission largement décrédibilisée, le couple franco-allemand avec ses hauts, ses bas, son caractère à la fois complexe, tourmenté, irremplaçable tente de faire bonne figure. Et, une fois n'est pas coutume, ses récentes initiatives comme celles sur l'emploi des jeunes doivent nous faire réfléchir. Car elles pourraient marquer une nouvelle ère dans la dynamique de l'UE. S'inscrivant dans une des rares ouvertures sociales faites par la chancelière - qui pour le reste campe solidement sur ses positions de force et ses dogmes libéraux assumés - cette initiative témoigne en effet d'un tournant peut-être majeur pour la construction communautaire.
Selon le rapport du BIT « Tendances mondiales de l'emploi des jeunes 2013 », le chômage des jeunes et les stigmates qu'il entraîne se font particulièrement sentir dans les économies développées et l'Union européenne, au Moyen‐Orient et en Afrique du Nord
Entre préoccupation et surprise, l'Europe observe la mauvaise situation économique et sociale de l'Espagne et, en particulier, la croissance du chômage qui se situe à des niveaux inconcevables pour d'autres pays. Si le chômage est le principal problème, ce n'est pas le seul : dépression, démoralisation, anxiété, frustration. Si nous appliquions les symptômes psychosomatiques de l'organisme humain au corps social, ces qualifications pourraient correspondre à l'état d'esprit des citoyens espagnols en souffrance
Dans une première partie, nous avons abordé les impacts sociaux les plus visibles de la crise en Europe : exacerbation des tensions, modification des attitudes et des comportements, fragilisation d'une partie de la population, précarisation du travail et de l'emploi, affaiblissement des protections sociales.« La crise, la France, l'Europe : 5 signaux majeurs » . Mais derrière le fracas et la fureur de la crise, se produisent aussi des mutations à bas bruit, qui ne se laissent capter que par des signaux faibles. Ces transformations silencieuses sont moins des évolutions visibles que des glissements qui les rendent possibles
Alors qu'à l'évidence la crise s'est installée pour durer dans de nombreux pays européens, que la croissance sera au mieux molle et la création d'emplois faible, alors que les finances publiques sont mal en point, les ravages du chômage ne cessent de s'étendre. Il y va d'un vrai contrat d'avenir, d'un vrai contrat de générations ! "Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé disait François Mitterrand il y a tout juste 20 ans ! Mais est-ce si sûr ?
« En Italie, le problème central des douze derniers mois a été celui de la survie ». Le rapport 2012 du Centre d'Études en Investissement Social (CENSIS) établit un constat alarmant de la situation socioéconomique de la Péninsule, mordue par la crise, après être entrée en récession fin 2011. « Aucun sujet de la société - individuel ou collectif, économique ou institutionnel - n'a été épargné » précisent les auteurs de cette mine d'indicateurs sur la santé du pays
Le think tank progressiste Terra Nova vient de publier ses propositions visant à sécuriser les parcours professionnels
L'austérité brutale imposée à la Grèce, au Portugal et à l'Espagne, mais aussi, nous le savons moins, à la Roumanie ou à la Lettonie, montrent désormais clairement leurs limites. Celles-ci sont d'abord économiques : ce type d'austérité tue le développement sans ouvrir pour autant la voie à un modèle économique nouveau, ni même rendre la dette publique parfois soutenable... Ces limites sont aussi démocratiques : la légitimé électorale des gouvernants qui la conduisent est fragile et repose sur une marginalisation dangereuse des partenaires sociaux comme de la société civile
Alors que de nombreux pays européens sont durablement « installés » dans la crise et que la question du chômage revient au premier plan des préoccupations politiques et sociales, se pose la question de nouvelles politiques en la matière. Va-t-on procéder comme par le passé en multipliant les mesures de flexibilisation du marché du travail ? Va-t-on empiler à nouveau les mesures d'urgence pour les jeunes, seniors, chômeurs de longue durée ? Les partenaires sociaux comme les pouvoirs publics (désormais pour la plupart désargentés) sauront-ils innover ? Et si oui, pour quels effets d'entraînement sur les entreprises et les personnes ? L'Union vient de se voir décerner le prix Nobel de la paix. Mais est-elle capable un jour de décrocher celui de la créativité (qui reste à créer !) ?
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