Les articles de Claude-Emmanuel Triomphe

Haut Commissariat à l'engagement civique

La crise, le descenseur et les élites

En ce début 2014, beaucoup d'Européens ont le blues. La défiance des peuples envers les élites a atteint dans certains pays un niveau inégalé. Elle touche la plupart des pays, à des degrés cependant très variables, comme elle touche l'Union Européenne en tant que telle (où 20 pays sur 28 ont vu la confiance chuter de 10% à 40% en 5 ans). Du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest du continent, les facteurs explicatifs sont à la fois complexes et peu homogènes. Et la crise peut expliquer ici ou là certaines choses. Réfléchissons néanmoins sur l'un d'eux : le lien entre défiance, élites et blocage de l'ascenseur social.

Le politique, la « reprise » et l’engagement

Hier - disons depuis 3-4 ans - l'heure était à l'indignation. Stéphane Hessel faisait un tabac avec son petit opuscule et des vagues d'indignés secouaient des pans entiers de la planète : de la Tunisie au Chili, de l'Iran à l'Ukraine en passant par l'Espagne ou l'Italie, des mouvements massifs s'élevaient contre la corruption, la privatisation de la chose publique, la restriction des droits et libertés.... Cette vague n'est pas éteinte et a encore mille occasions de se manifester ici et là. Mais les « afters » ont un goût assez amer. Les raisons en sont bien entendu très diverses. Pourtant un facteur commun me semble émerger pour expliquer ces revirements et autres désillusions. Il tient à la question et à la place du politique dans nos sociétés. Plusieurs facteurs ou vecteurs ont joué ici un rôle éminent.

Formation continue : peut mieux faire !

Et de trois ! Après les accords interprofessionnels sur la sécurisation de l'emploi d'une part, sur la qualité de la vie au travail de l‘autre, l'année 2013 s'achève en France par un projet d'accord réformant la formation professionnelle continue. Parmi moultes innovations, la moindre n'est pas celle du compte personnel de formation dont seront dotés salariés et chômeurs : lié aux individus et non à l'entreprise qui les emploie, il devrait être « portable » tout au long de la vie. S'il est bien trop tôt pour commenter plus avant ce texte par ailleurs controversé à l'intérieur du monde patronal comme du monde syndical -nous y reviendrons au début de l'année qui vient - profitons-en pour réfléchir à quelques grands défis de la formation tout au long de la vie

Détachement des travailleurs : la lutte contre le dumping social renforcée

Le 9 décembre dernier, le Conseil Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs (EPSCO) de l'Union européenne - qui réunit les ministres de l'emploi, de la protection sociale, de la protection des consommateurs, de la santé et de l'égalité des chances - a trouvé à la majorité qualifiée un compromis sur le détachement des travailleurs.

Pourquoi ces gens nous font peur

Ce n'est pas de l'extrême droite dont il sera question ici. Je veux vous parler de cet enthousiasme très mesuré que beaucoup à l'Ouest (peut-être en êtes-vous ?) montrent vis-à-vis de nos concitoyens orientaux, ces gens de l'Est que nous ne connaissons guère et que nous ne comprenons pas. Cela n'est pas nouveau et la « parenthèse » socialiste n'y est pas pour rien. Les liens historiques entre certains pays, la France avec la Pologne, la Serbie, la Roumanie, l'Allemagne avec la Bulgarie, la Tchéquie ou la Croatie, etc.. ou l'élargissement de l'UE à 27 puis 28 n'y changent pas grand-chose : nous voyons d'abord dans ces pays et ces gens de l'Est une menace et non pas une chance ! Peut-on en rester là ? A l'évidence non !

« Justice sociale et justice climatique vont de pair »

C'est ce qu'affirme Karima Delli, eurodéputée (Verts/Alliance Libre Européenne), membre de la commission des affaires sociales du Parlement Européen dans une interview exclusive pour Metis. Passant en revue les effets de la crise sur la stratégie européenne dite UE 2020 mais aussi sur plusieurs des politiques nationales, elle exprime ses convictions sur le caractère social du projet vert. Et insiste sur la nécessité d'inventer de nouveaux modèles pour faire face à la crise

Un syndicalisme dual et dépassé

Le déclin syndical paraît sans fin. Dans le monde industriel, il n'y plus guère de pays, à l'exception peut-être de la Belgique, où il ne soit enrayé. Les pays nordiques n'y échappent pas, le modèle allemand non plus. En ce qui concerne la Communauté, la crise favorise un repli national généralisé, y compris chez ceux (Italie, Espagne) qui traditionnellement étaient les plus europhiles. Aujourd'hui, suprématie de l'économique et du budgétaire oblige, la confédération européenne des syndicats, à l'instar de la dimension sociale de l'UE, a quasiment disparu de la carte du jeu européen. Derrière ces constats, des tendances lourdes sont à l'œuvre que Metis a déjà abondamment abordées et commentées. Revenons sur trois d'entre elles.

Services publics : crise d’aujourd’hui et chocs de demain

En Europe, les services publics souffrent aujourd'hui beaucoup. En Grèce, en Espagne, en Roumanie, en Hongrie, au Portugal ou au Royaume Uni, la potion austère a pour noms licenciements, baisse des salaires et des avantages salariaux, mobilités forcées etc. Ailleurs, notamment en France ou en Belgique, les réorganisations sont en comparaison plus douces et se traduisent, au moins jusqu'à présent, par des départs naturels non remplacés, des transferts volontaires ou des gels salariaux. Derrière ce paysage, ce sont pourtant des choses ô combien structurantes pour l'avenir qui se mettent en place

Par |2018-12-17T10:15:53+01:001 octobre 2013|Mots-clés : , , , , , |

L’expertise à la française : impacts, forces et faiblesses

Dans la seconde partie de l'entretien exclusif pour Metis, Paula Cristofalo, docteure en sociologie, chercheuse au CERAPS- Université de Lille 2, analyse les modifications apportées aux relations sociales ainsi que les forces et faiblesses de l'expertise à la française. Nous publions ici la seconde et dernière partie de cet entretien

Par |2018-12-17T10:15:51+01:0017 septembre 2013|
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