Qui parmi nous a célébré le 9 mai dernier la fête de l'Europe ? Pas grand monde, j'imagine, et pour cause : qu'y a-t-il donc à célébrer ? A moins de penser que l'agonie d'une certaine idée de l'Europe est un prélude à une refondation désirable. Mais puisque nous en sommes bien loin, parlons d'autre chose ! Je voudrais évoquer ici la question de l'expression des salariés au travail. Promue en France dès 1982 par les lois Auroux, elle fut longtemps décriée avant d'être ignorée. Pourquoi renaîtrait-elle aujourd'hui alors qu'elle avait été accueillie avec une grande méfiance tant par les dirigeants d'entreprises que par une large partie des représentants du personnel ?
Margaret Thatcher représentait à peu près tout le contraire de ce que les Européens attachés au social pouvaient penser: sa rhétorique - et son action - anti syndicale, sa promotion d'une Europe réduite au marché commun, sa défiance devant toute construction communautaire, son refus d'une Europe solidaire et sociale et j'en passe ! La période Thatcher a été aussi le début d'une nouvelle ère, celle d'un nouveau libéralisme qu'elle a porté haut et fort.
Telle est selon Philippe Bigard, directeur de l'Institut du Leadership BPI, la philosophie de l'accord interprofessionnel (ANI) sur la sécurisation de l'emploi signé en janvier dernier. Il analyse l'équilibre général de l'accord, sa contribution à la refondation de notre modèle social, les accords de maintien dans l'emploi et d'autres aspects de ce texte qu'il qualifie d'inespéré
« Les citoyens n'ont plus confiance dans les gouvernements pour les protéger de ce qui est le fruit de l'endettement, de la privatisation. S'ils s'indignent aujourd'hui c'est surtout parce qu'ils voient des gouvernements qui ne peuvent plus faire fonctionner la démocratie, comme cela est attendu de leur part. Les besoins essentiels - le bien être, le bien vivre - ne sont plus assurés car ils ne sont plus à l'abri de la recherche du profit. En outre, les oligarchies sont dominantes dans nombre de pays qui se disent démocratiques ». Ces extraits de l'interview exclusive qu'avait accordée Stéphane Hessel à Metis en janvier 2012 résonnent aujourd'hui de manière éclatante dans notre continent. Petit tour chez nos proches et moins proches sans oublier Chypre !
Le BAUA, Agence fédérale pour la protection et la médecine du travail, vient de publier le « Stressreport Deutschland 2012 ». Ce rapport a été âprement discuté par les partenaires sociaux allemands réunis lors d'une conférence sur la stratégie du pays en matière de protection du travail
Alors qu'à l'évidence la crise s'est installée pour durer dans de nombreux pays européens, que la croissance sera au mieux molle et la création d'emplois faible, alors que les finances publiques sont mal en point, les ravages du chômage ne cessent de s'étendre. Il y va d'un vrai contrat d'avenir, d'un vrai contrat de générations ! "Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé disait François Mitterrand il y a tout juste 20 ans ! Mais est-ce si sûr ?
Martine Le Boulaire, directrice du développement d'Entreprise et Personnel a beaucoup voyagé. Elle a étudié de près les modèles managériaux à l'œuvre dans les pays émergents (Chine, Russie, Brésil..). Elle nous livre ici son regard sur les différentes évolutions en cours dans ces trois pays
Les principales organisations patronales françaises ainsi que 3 confédérations syndicales ont signé le 11 janvier 2013 un important accord interprofessionnel sur la sécurisation de l'emploi. S'agit-il d'une avancée majeure vers une flexicurité « à la française » ? D'une régression significative de la protection des travailleurs ? Pierre Beretti, président directeur général d'Altédia, l'un des plus importants cabinets français de conseil en RH, livre son analyse à chaud des innovations avancées et des défis que représente ce vaste ensemble de dispositions
Deux événements d'ampleur pour toutes celles et ceux qui sont attachés « au social » viennent de se succéder à quelques jours d'intervalle. Le premier sous la forme d'un accord national interprofessionnel sur la sécurisation de l'emploi signé par 3 organisations patronales et 3 organisations syndicales françaises, abondamment commenté par la presse, les partenaires sociaux et les plus hautes autorités publiques du pays. Le second, beaucoup plus discret médiatiquement - mais non moins important, sous la forme d'une résolution à caractère législatif votée à une écrasante majorité par le Parlement européen et portant sur la gestion anticipée des restructurations d'entreprises à l'échelle du continent. Qu'ont ils en commun ? Sont-ils susceptibles de participer au renouveau de pactes sociaux dangereusement fragilisés depuis quelques années ?
Alors que la Commission, comme les Etats membres, ont délaissé la dimension sociale de l'Union, voire l'ont parfois retournée contre les citoyens au travers des programmes d'austérité, le Parlement Européen vient d'adopter le 15 janvier dernier à Strasbourg une résolution en vue d'une législation européenne qui pourrait modifier la donne dans nos règles de conduite des restructurations
Charger les articles suivants