Les articles de Claude-Emmanuel Triomphe

Haut Commissariat à l'engagement civique

Ruptures banalisées : un effet boomerang !

A quoi joue Pierre Gattaz ? En demandant que la France « sorte » de la convention 158 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) qui établit une norme mondiale en matière de licenciement, le patron des patrons français a franchi une limite. Nouvelle provocation qui s'ajoute à bien d'autres sur le salaire minimum ou les seuils sociaux ? Coup de buzz ? Sans doute mais le ton est donné et l'atmosphère en France et en Europe s'y prête.

Nouveaux rapports de travail et nomadisme coopératif

Universitaire reconnue et « branchée » sur les nouvelles questions du travail, Patricia Vendramin, directrice de recherche à la FTU et professeure à l'Université Catholique de Louvain en Belgique explique pour Metis ce qui caractérise selon elle les nouveaux comportements au travail en mode projets, à l'ère du numérique, des micro-travaux en ligne et des contrats courts.

Vous avez dit low cost ?

La grève d'Air France - pour ne pas parler de celle de Lufthansa - a fait couler beaucoup d'encre et ce n'est sans doute pas fini. Mais derrière le mouvement des pilotes se cache une question bien plus vaste : celle de l'arrivée des modèles dits low cost dans nos économies. Très visibles dans le secteur aérien où ils sont devenus en quelques années bien plus puissants que certains « grands, ils sont loin d'y être confinés. Mais il y a low cost et low cost : cette catégorie est très générique et renvoie à des modèles économiques forts différents même si tous caractérisés par des coûts relativement bas.

Quand l’Europe pousse au dialogue social dans l’armée

Patrie autoproclamée des droits de l'homme, la France n'en est pas moins aujourd'hui un des pays les plus attaqués - et condamnés- devant la Cour Européenne des droits de l'Homme. La dernière affaire est loin d'être banale et secoue l'institution militaire. Celle-ci en effet excluait non seulement l'exercice du droit de grève mais aussi l'existence de groupements professionnels à caractère syndical pour incompatibilité avec les règles de la discipline militaire. Or, pour la Cour de Strasbourg, « l'interdiction absolue des syndicats au sein de l'armée française est contraire à la Convention européenne des droits de l'homme ». Cette décision, attendue par certains et redoutée par beaucoup est pourtant logique et ce bien au-delà des arguments juridiques : elle intervient en pleine restructuration stratégique, économique, technologique et sociologique de la défense française. Metis reprend ici l'article publié par Claude Emmanuel Triomphe pour Acteurs de l'Economie/La Tribune.

Lueur d’espoir à Bruxelles ?

Faut-il encore espérer quelque chose de la Commission Européenne ? Sa manière de fonctionner, son autisme vis-à-vis de nombreuses questions, sa langue de bois, ses dogmes libéraux parfois encore plus durs que ceux professés à Washington... : nombreux sont les arguments qui ne plaident pas en sa faveur. Mais la nomination de Jean Claude Juncker, ancien leader d'un pays fondateur et politicien expérimenté, pourrait (peut-être) changer la donne et la nouvelle Commission, qui entrera en fonction le 1er novembre, nous surprendre. Voyons pourquoi.

Politique de l’offre et gauches européennes

Comment résister au déclin ? Comment innover et produire demain ? Et ce dans un contexte de mondialisation agitée, pour ne pas dire guerrière, de mutations technologiques, démographiques et politiques en tous genres ? Difficile dans les circonstances actuelles que Metis ne dise rien. Pour beaucoup de décideurs, la potion magique tient en quelques mots : la logique de l'offre. Y a-t-il là une pensée de droite ?

France, Europe : mots sur maux

L'avenir et les mots pour le dire... Ou plus exactement l'absence de ces mots. Voilà ce qui pourrait caractériser une bonne partie du discours politique contemporain, quelle que soit la force politique au pouvoir. Cette vacuité peut avoir des causes très diverses : le flou du projet des gouvernants, le je m'en foutisme d'une élite prisonnière de son entre-soi comme des communicants qui l‘accompagnent, la dictature d'un court terme électoral et sondagier. Mais peut-être aussi une certaine forme d'anomie, une incapacité à nommer les choses qui les dépassent. Ce qui se conçoit clairement s'énonce clairement dit un dicton fort ancien. Et c'est bien ici que le bât blesse et que se fait le lit de celles et ceux qui parlent clair, à défaut de parler juste.

Travail et laïcité : inch’allah !

Plusieurs arrêts des hautes juridictions françaises et européennes viennent d'être rendus sur des affaires hautement symboliques pour nombre d'Européens : le port du voile. La Cour de Cassation française vient de confirmer la légalité d'un licenciement prononcé par la crèche Babyloup envers une salariée qui avait décidé de porter un voile islamique sur son lieu de travail. Tandis que la Cour Européenne des Droits de l'Homme n'a pas, en dépit de certaines réserves, censuré les règles instaurées par l'Etat français afin de proscrire le port du voile intégral dans l'espace public. Alleluia ?

Insécurité culturelle : l’impensé de la République

Un mois après les élections parlementaires européennes, l'Union cherche toujours ses mots pour expliquer le succès fulgurant de nombreux partis populistes. Metis s'est entretenu avec le politologue Laurent Bouvet, qui développe sa thèse sur l'insécurité culturelle en France et sur le manque de réactivité de la sphère politique française. Ses propos sont suivis de réactions d'acteurs sociaux qui ont pu débattre avec lui lors de l'assemblée générale d'ASTREES le 24 juin dernier.

Que dire ? Que faire ?

Les scores aux dernières européennes, du FN en France, de l'UKIP au Royaume Uni, de la NVA en Flandres, du Parti du peuple au Danemark sans parler du Jobbik hongrois, des « vrais Finlandais » et autres, étaient attendus. Ils ont été hélas confirmés. Absence de projet et de vision, discrédit des élites politiques, économiques ou sociales, construction européenne à la dérive, peur et rejet de l'autre, corruption endémique et j'en passe : à Metis, nous n'avons cessé d'alerter sur ces signaux qui se sont multipliés puis ont fini par se cristalliser autour d'une offre politique délétère mais qu'il serait fou de traiter à la légère. Et l'affliction, pas plus que des manifestations contre le FN ou autres vaines dénonciations ne sauraient tenir lieu de ripostes appropriées.

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