Vous avez dit contrat de génération ?
Quel travail pour les baby losers ? Le dernier édito Metis a généré des réactions : l'ethnologue Philippe Labbé, professeur à l'Université Rennes 2, nous parle des jeunes et de la "valeur travail".
Quel travail pour les baby losers ? Le dernier édito Metis a généré des réactions : l'ethnologue Philippe Labbé, professeur à l'Université Rennes 2, nous parle des jeunes et de la "valeur travail".
A l'occasion des élections du 7 mai au Royaume Uni, Metis republie l'interview donnée par Michel Rocard, ancien premier ministre français (1988-1991) et eurodéputé socialiste (1994-2009). Prédominance de la pensée monétariste, réapparition de la pauvreté: pour lui, l'Europe peut faire face. À condition de redémarrer sur un projet fédéraliste.
Sujet sensible s'il en est, et beaucoup plus encore en France que dans d'autres pays européens, les restructurations renvoient à des mesures extrêmement diverses. Tout commence par un problème de définition : de quoi parle-t-on ? S'agit-il de réductions d'effectifs, de plans sociaux, de fermetures d'entreprises comme l'entend généralement l'opinion publique ? Mais quid des fusions-acquisitions ou bien encore des refontes de processus, des réorganisations internes ? Que faire de l'introduction de méthodes ou de technologies nouvelles ? Le caractère protéiforme des restructurations entraîne alors des définitions qui deviennent, à l'instar de celle proposées par la Commission Européenne, si larges qu'elles englobent la quasi-totalité des « changements » organisationnels. Comment alors les mesurer et pour quoi faire?
Mercredi passé, le ministre du travail François Rebsamen présentait son projet de loi sur le dialogue social au Conseil des Ministres. A cette occasion, notre directeur de publication Claude Emmanuel Triomphe s'est entrenu sur France Culture avec le syndicaliste Christian Larose (CGT) et l'ancien directeur DRH de Sanofi Jean-Luc Vergne. En voici le podcast.
Nos sociétés, notamment dans le pourtour de la Méditerranée, connaîtraient-elles un déficit de réformes structurelles ? Et en particulier s'agissant de leurs marchés du travail ? C'est ce que prétend depuis des années la Commission Européenne et avec elle une large partie des élites politiques et économiques, social- démocratie largement incluse. Et pourtant deux séries de travaux récents font planer un sérieux doute sur cette doxa ou du moins sur son caractère universel pour ne pas dire automatique.
Qui se propose de passer de 500 000 à 700 000 apprentis au bout d'un quinquennat ? Qui veut assurer une « formation de qualité sur les savoirs de base » afin de lutter contre l'illettrisme ? Le Front National français qui vient de franchir une nouvelle et inquiétante étape dans son enracinement électoral. Qui veut développer l'apprentissage comme alternative à l'enseignement supérieur et travailler à la qualification des tuteurs ? L'UKIP britannique, qui se propose aussi de réduire l'échec scolaire de 50% ! Ce ne sont bien sûr que des extraits mais les programmes socio-économiques de ces partis recèlent des dispositions qui les rendent audibles voire crédibles, tant sur certains points ils empruntent à leurs adversaires ! Comment réagir alors que les élections récentes ou à venir dans de nombreux pays européens ont fait ou devraient faire la part belle à la droite de la droite ?
The inner workings of the workplace are mysterious and complex, but for Jeremy Myerson, the best way to peek into its intricacies is to examine its design. The kind of space that is provided to the workers, its hierarchical organization, the furniture that is chosen... all of these are clues we can use to better understand this environment. As the director of the Helen Hamlyn Center for Design at the Royal College of Art, Professor Myerson shares with Metis his theories on the transformation of the workplace in the West.
Le monde du travail est un environnement complexe et mystérieux. Pour Jeremy Myerson, le meilleur moyen d'en percer les secrets est d'analyser la façon dont se conçoit un lieu de travail. Le type d'espace offert aux salariés, les meubles qui le décorent... tous ces éléments peuvent être utilisés pour mieux comprendre les dynamiques au sein de l'entreprise. En tant que directeur du Helen Hamlyn Center for Design au Royal College of Art, le professeur Myerson a partagé avec Metis ses impressions sur l'évolution du lieu de travail dans la culture occidentale.
Metis a longtemps hésité à s'emparer d'un sujet ô combien sensible et qui pourrait fâcher. De peur d'alimenter des campagnes nauséabondes alors que l'immense majorité des représentants des salariés est dans ce pays intègre, courageuse, altruiste. Ou encore d'être accusé de je ne sais quel complot antisyndical. Mais les tumultes récents au sein d'une grande confédération syndicale française ont eu raison de nos réserves, et ce d'autant que la question est posée dans bien des pays du monde entier.
Comme beaucoup, Metis "est Charlie". Alors que l'onde de choc continue, que l'émotion se déplace voire se retourne, que le temps est désormais celui de la réflexion et de l'action, les débats, les choix et les voies sont multiples. Le dimanche 11 janvier a montré une société debout, diverse, qui est la nôtre et dont nous pouvons être fiers. Mais il a révélé aussi, sans vraie surprise, une société blessée et fragmentée qui est loin d'en avoir fini avec les multiples défis auxquels elle n'a pas toujours su répondre. Les semaines et les mois qui viennent seront sans doute déterminants dans nos choix collectifs. Bouleversements du monde, crises des modèles sociaux et mutations du travail se nourrissent mutuellement et il y a plus d'un lien entre certaines radicalisations et certains abandons. Société du risque, titrions nous en hommage à Ulrich Beck à la veille des tragiques événements de ce début d'année 2015... Nous y sommes.